Comprendre l’indice IRL et ses ajustements
Découvrez comment fonctionne l’indice de référence des loyers et pourquoi il change chaque trimestre, impactant vos augmentations de loyer.
Lire l’articleLe prix du bois, de l’acier et du ciment a explosé ces dernières années. Comprendre pourquoi aide à expliquer la hausse des loyers et des prix immobiliers en France.
Entre 2020 et 2025, les prix des matériaux de construction ont connu une volatilité sans précédent. C’est pas juste une légère augmentation — on parle de hausse de 40 à 60% pour certains matériaux clés. Le bois de charpente, l’acier, le ciment : tous ont suivi la même trajectoire vertigineuse.
Pourquoi c’est important ? Parce que ces coûts explosifs se répercutent directement sur le prix des nouveaux immeubles, qui eux-mêmes influencent les loyers. Un constructeur qui paie 50% plus cher ses matériaux doit bien récupérer ces frais quelque part. Et devinez où : dans votre loyer.
Plusieurs facteurs ont convergé pour créer une tempête parfaite. D’abord, la pandémie a désorganisé les chaînes d’approvisionnement mondiales. Les usines fermées, les ports bloqués — les matériaux n’arrivaient plus aussi vite.
Ensuite, la demande a explosé. Les gens restaient à la maison, investissaient dans des rénovations. Les gouvernements lançaient des plans de relance massifs. Tout le monde voulait construire en même temps. Vous savez ce qui se passe quand tout le monde veut acheter la même chose ? Les prix montent.
Puis il y a eu les tensions géopolitiques. L’acier, le bois, les terres rares — tout ça vient de pays spécifiques. Une guerre là-bas, des sanctions ici, et soudain les prix s’envolent. C’est comme ça que le conflit russo-ukrainien a impacté le prix du blé et de l’énergie, qui affectent à leur tour le coût des matériaux.
Chaque matériau a sa propre histoire de prix
C’est probablement le plus spectaculaire. Entre 2020 et 2022, le prix du bois de charpente a plus que doublé. Raison : la fermeture des scieries, la demande de rénovation aux États-Unis, et la déforestation. Depuis, les prix se sont un peu stabilisés mais restent 30% au-dessus des niveaux d’avant-crise.
Plus stable que le bois, mais toujours en hausse. L’acier a augmenté d’environ 25% depuis 2020. La raison ? Les fermetures d’usines, la demande de l’industrie verte (panneaux solaires, éoliennes), et les tarifs douaniers américains qui perturbent le marché global.
Hausse de 35% entre 2020 et 2024. C’est moins volatile que le bois mais tout aussi problématique. Le ciment dépend du charbon pour sa production, et les prix de l’énergie ont explosé. De plus, la France importe du ciment, donc les coûts de transport jouent un rôle majeur.
Voici comment ça marche. Un promoteur immobilier prévoit un nouveau bâtiment. Il estime le coût de construction à 5 millions d’euros. Mais si les matériaux coûtent 40% plus cher, c’est maintenant 7 millions. Pour rentabiliser son investissement, il doit augmenter les loyers ou les prix de vente.
Résultat ? Les loyers des nouveaux appartements augmentent. Et comme il n’y a pas assez de logements neufs (la construction ralentit justement à cause des coûts), la pression se reporte sur les anciens logements. Les propriétaires des appartements existants voient que les nouveaux se louent plus cher et augmentent leurs loyers aussi.
C’est un effet domino. L’indice IRL, qui ajuste les loyers chaque trimestre, suit partiellement cette dynamique. En 2024, l’IRL a augmenté d’environ 4%, ce qui a permis aux propriétaires d’augmenter les loyers légalement. Mais c’est jamais assez pour compenser vraiment l’inflation des matériaux.
Les prévisions pour 2025-2026 sont nuancées. Les prix des matériaux ne vont probablement pas baisser beaucoup — ils vont plutôt se stabiliser à ce nouveau niveau élevé. C’est déjà une bonne nouvelle comparé à la volatilité des années précédentes.
Le bois devrait rester relativement stable. L’acier aussi, sauf s’il y a une nouvelle crise géopolitique. Le ciment dépendra surtout des prix de l’énergie. Et ça, c’est moins prévisible.
Pour les loyers ? On s’attend à des augmentations continues, mais moins spectaculaires qu’entre 2020 et 2023. L’indice IRL continuera d’ajuster les loyers, probablement entre 2-3% par an, bien en-dessous de l’inflation des matériaux. Ça signifie que les propriétaires vont progressivement « absorber » la hausse des coûts au lieu de la répercuter entièrement sur les locataires.
Les matériaux de construction ont augmenté de 25-60% depuis 2020, principalement à cause des chaînes d’approvisionnement perturbées et de la demande mondiale accrue.
Cette hausse impacte directement le coût de construction des nouveaux immeubles, qui eux-mêmes augmentent les loyers du marché global.
L’indice IRL n’ajuste que partiellement cette hausse, créant une pression constante sur le marché locatif français.
Les prix vont probablement se stabiliser mais rester à ce nouveau niveau élevé, signifiant des loyers plus hauts pour les années à venir.
Cet article fournit des informations à titre éducatif et informatif. Les données présentées proviennent de sources publiques et sont à jour en mars 2026. Les prévisions sur les prix futurs sont basées sur les tendances observées mais ne constituent pas une garantie. Les circonstances économiques, géopolitiques et climatiques peuvent changer rapidement. Pour des décisions immobilières importantes, consultez des experts qualifiés ou des professionnels du secteur.